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« SUBLIME », UNE REVUE DÉDIÉE À LA FICTION ÉROTIQUE CONTEMPORAINE

Couverture de la revue érotique Sublime publié par les Mondes de domination, 2026

La naissance d’une revue érotique est un événement assez rare pour qu’on s’en réjouisse. Ce n’est quand même pas tous les jours et, forcément, ma curiosité a été piquée. L’audace a été commise par l’association Les Mondes de domination, présidée par Alonzo Serai, et se dénomme Sublime. Une revue consacrée à la littérature érotique, agrémentée de plusieurs illustrations originales.

Quatrième de couverture de la revue érotique Sublime publié par les Mondes de domination, illustrée par Yxes
Quatrième de couverture © Yxes

Le sublime, entre terreur et fascination

Sublime : je me suis interrogé sur la signification de ce titre, la raison de son choix. Et à la lecture des textes, j’ai pensé à Kant. Bizarre, me direz-vous, de penser à Kant à ce moment-là, celui-ci n’étant pas le penseur le plus sexy de l’histoire de la philosophie. Certes. Mais il a conceptualisé le sublime d’une manière tout à fait conforme à l’esprit des récits que propose la revue. Alors que le beau est harmonie et apaisement, le sublime mêle fascination et terreur, convoquant le chaos, l’obscurité, la douleur. Nous éprouvons le sentiment du sublime face à quelque chose qui nous dépasse infiniment, qui nous effraie et dont pourtant nous ne parvenons pas à détourner le regard.

Edito de la revue érotique Sublime publié par les Mondes de domination, avec une illustration de Clarence Etienne
Éditorial © Clarence Etienne pour l’illustration

Champ libre à l’imagination érotique

Il y a vraiment de ça dans les nouvelles et feuilletons de Sublime. L’érotisme que la revue nous propose est clairement ancré dans le sadomasochisme le plus émancipé, avec une qualité littéraire qui fait plaisir à lire. Il ne s’agit pas simplement de pornographie mais d’univers parallèles où l’imagination érotique se déploie sans contrainte. Je pense ici notamment à La Croisière blanche du maître des lieux (Alonzo Serai), où les femmes blanches sont totalement asservies aux Rasheediens, adeptes de la religion Phœne, qui dominent le monde sous l’effet de la naffe, une plante procurant un « pouvoir sexuel et dominant irrésistible ». Je pense aussi aux Geôles du paradis de Léon Despair (Christophe Bier) où les esclaves sont cette fois les hommes. Envoyés par leur maîtresse, en pénitence ou en dressage, au « Paradis », des souterrains où les Dames règnent sans partage, ils y sont relégués au rang d’objets, quand ils n’y subissent pas les tortures les plus démentielles. Je citerai aussi Longtemps, je me suis courbé de bon cœur de A. B. Meslier, une nouvelle mêlant mystique et sodomie qui n’est pas sans évoquer Georges Bataille ; La Chapelle du prieuré, écrite et illustrée par O ; et enfin, plus sage mais tout à fait charmante, la nouvelle de Clarissa Rivière : Esclavage. Pour n’oublier personne parmi les auteurs de cette revue, je dois encore citer Badmo Jones, qui serait un Américain traduit ici par Alonzo Serai (j’utilise le conditionnel car je n’ai absolument rien trouvé sur internet le concernant, et j’ai tendance à penser à une mystification).

Illustration érotique de O pour la revue Sublime publié par les Mondes de domination, 2026
© O

La fiction érotique dans tous ses états

Mais comme le précise l’édito, il ne s’agit pas seulement pour cette revue de promouvoir la littérature érotique, mais plus largement « la fiction érotique », c’est-à-dire également « le dessin, la peinture ou la bande dessinée ». Elle publie donc deux brèves BD (premiers épisodes en feuilleton) signées Hervé Tourmen (La Domador et Achille Croiselefer) et enrichit ses récits d’admirables illustrations de Clarence Etienne, Yves Yxes, O et bien entendu Alonzo Serai. Car je ne l’ai pas souligné encore, mais Sublime est entièrement dédiée à la création érotique contemporaine. Elle constitue en ce sens un espace de pleine liberté pour ceux qui font l’érotisme aujourd’hui, bien loin des réseaux sociaux qui obligent à d’improbables contorsions les artistes érotiques qui veulent s’y exprimer.

Informations complémentaires

ISBN : 978-2-9571276-1-0
Parution : avril 2026
Dimensions : 15 x 21 cm
Nombre de pages : 96 pages
Pour commander la revue : https://mondesdedomination.com/fr
La page Facebook de l’association : https://www.facebook.com/Shazilarabad

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